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Le 7 septembre, 20 heures 27,

Le 31 août, 17 heures 20,

Le 30 août, 15 heures 18,

Le 6 juillet, 22 heures 37,

Le 27 mai, 22 heures 18,

Le 3 mai, 21 heures 21,

Le 24 mars, 22 heures 16,

Le 23 mars, 22 heures 24,

Le 25 février, 21 heures 35,

Le 4 février, 10 heures 50,

Le 3 février, 10 heures 11,

Le 28 janvier 2018, 16 heures 12,

Le 10 décembre, 16 heures 46,

Le 11 août, 15 heures 01,

Le 01 août, 16 heures 12,

Le 09 juillet, 16 heures 37,

Le 14 mai, 20 heures 57,

Le 14 avril, 22 heures 20,

Le 2 mars, 8 heures 50,

Le 1 mars, 11 heures 14,

Le 28 février, 12 heures 59,

Le 27 février, 18 heures 25,

Le 26 février, 10 heures 13,

Le 24 février, 19 heures 14,

Le 17 février, 14 heures 15,

Le 16 février, 11 heures 18,

Le 16 février, 8 heures 08,

Le 7 février 2017, 23 heures 17,

Le 5 février 2017, 19 heures 28,

Le 4 janvier 2017, 22 heures 37,

Le 28 décembre 2016, 12 heures 04,

 

Le 10 décembre 2016, 10 heures 48,

Le 27 novembre 2016, 11 heures 44,

Le 27 novembre 2016, 11 heures 31,

Le 23 novembre 2016, 8 heures 33,

Le 06 novembre 2016, 15 heures 36,

Le 28 octobre 2016, 23 heures 17,

Le 23 octobre 2016, 23 heures 05,

Le 13 octobre 2016, 8 heures 15,

Le 10 octobre 2016, 13 heures,

Le 2 octobre 2016, 10 heures 15,

Marianne Faithfull : « Devenir sobre, c’est un sacré exploit ! »

Le Monde. Propos recueillis par Annick Cojean

Je ne serais pas arrivée là si…
… si Mick Jagger et Keith Richard n’avaient pas composé pour moi, qui n’avais alors que 17 ans, la chanson « As Tears Go By ». C’est la toute première chanson qu’ils ont écrite ensemble. Nous étions en 1964 et ce fut le début de l’aventure.
Que faisiez-vous à cette époque ?
Je sortais d’un pensionnat religieux et les possibilités qui s’ouvraient à moi étaient multiples : aller à l’université étudier la littérature anglaise, la philosophie et l’étude comparée des religions ; m’inscrire à un cours d’art dramatique, ou bien intégrer une école de musique. Car j’avais un joli filet de voix. Une voix à la Mozart. Je n’avais encore rien décidé mais j’étais ambitieuse. Et puis voilà que cette chanson a connu un énorme succès et ma vie en a été bouleversée. Je suis tombée dans la marmite.
Rien ne vous prédestinait à entrer dans cette marmite artistique ?
On m’avait enseigné le chant et la musique au couvent. Et ma mère m’avait appris à danser. Elle avait été danseuse dans le corps de ballet de la compagnie viennoise Max Reinhardt avant que Monsieur Hitler ne fasse volertout cela en éclats, car ma grand-mère était juive. Mais c’est une autre histoire ! Une histoire dont je porte l’héritage, et que je raconterai un jour dans un livre.
Cela n’explique pas comment une lycéenne, élevée dans un pensionnat catholique très strict du Berkshire, se retrouve propulsée, du jour au lendemain, dans l’univers des Rolling Stones.
Je me suis rendue à une fête où Andrew Oldham, le manager des Rolling Stones, m’a remarquée. Il m’a tout de suite proposé de faire un disque, dedevenir mon producteur et, en l’espace de quelques jours, il a fait s’asseoir à une même table Mick et Keith pour qu’ils m’écrivent cette chanson. C’est aussi simple que cela. Je suis devenue une chanteuse pop, sans plan, sans modèle, sans référence. Dans une totale improvisation et avec une créativité merveilleusement spontanée.
Et vous êtes tombée amoureuse des Stones.
Ah non ! J’étais amoureuse de John Dunbar, qui étudiait les beaux-arts à Cambridge et que j’ai épousé à 18 ans avant de donner naissance à mon fils Nicolas. C’était un homme parfait pour moi, j’en suis convaincue. Et nous aurions pu mener une très belle vie ensemble si… Mick Jagger n’avait pas débarqué et ne m’avait voulue à tout prix. Je ne comprenais pas bien ce qui m’arrivait. J’étais si jeune, vous savez ! Je crois que j’étais flattée…
Et attirée par lui quand même ?
Non, pas vraiment. En tout cas pas encore. C’est plus tard que je suis tombée amoureuse de Mick. Au début, je pense que c’est le glamour qui m’a attirée. Tout ce truc autour de lui. Il était bien sûr très charmant, très sexy, etc. Mais passons ! Ce n’est pas mon sujet de prédilection. Je suis sur la route depuis 53 ans et ma période Mick n’en a duré que quatre !
Une période somme toute déterminante ?
Allons donc ! On colle toujours son nom au mien, mais j’aurais pu faire sans lui ! Et j’aurais eu du succès quoi que je fasse, j’en suis certaine. J’étais intelligente et il y avait quelque chose de très fort en moi. Il n’a pas été la seule chance de ma vie, sinon je ne serais pas encore là !
Ces quatre années ont pourtant été marquées par votre rencontre avec la drogue et une dégringolade infernale, dont vous n’êtes sortie que vingt ans plus tard.
C’est vrai. Tout le monde alors prenait de la drogue, Mick aussi, sans savoir à quel point c’était dangereux. Je n’avais pas du tout l’intention de me détruire, et je pensais que je m’en sortirais. Nous étions nombreux à le penser. Mais quand je suis passée aux drogues dures, le piège s’est refermé. Soudain, je ne voyais plus aucune issue. Ces années 1960 et 1970 furent très dures.
Vous avez curieusement déclaré un jour : « Je pense que si je n’avais pas pris de l’héroïne, je serais morte. » Mais c’est elle qui a failli vous tuer !
La source se trouve dans mon enfance difficile. Mais je ne peux pas vous endire plus, car je chemine encore pour comprendre ce qui s’est passé. La drogue agit comme un aseptique dont on use pour éviter quelque chose de pire. Le suicide, par exemple. En fait, j’ai longtemps été comme une feuille morte ballottée par le vent. Jusqu’à ce que je dise : stop, ça suffit ce bordel. Et que je décide : je ne suis pas une victime ; c’est moi, uniquement moi, qui contrôle mon destin. Cette décision a changé ma vie. C’était en 1985, j’ai entrepris une cure de désintoxication à la clinique Hazelden, dans le Minnesota. Avec un sevrage pour le moins violent, mais efficace. Et je suis devenue sobre. Je me suis redressée. J’ai trouvé ma vraie voix, si différente de celle de mes 17 ans, façonnée par la vie que j’avais vécue, et je me suis investie à fond dans montravail. Je savais que j’aurais du succès.
Le fait d’avoir un fils a-t-il aidé à prendre cette décision ?
Ah ! Nicolas, que j’ai eu à 19 ans, est certainement la plus belle chose qui me soit arrivée ! Le fils idéal pour moi. Mais vous savez, je n’ai pas la fibre maternelle. Le pauvre Mick qui voulait plein d’enfants n’a rien pu y faire : j’avais décidé que j’avais déjà accompli mon devoir génétique et que je n’en aurais pas d’autres. C’était assez ! Jerry Hall, qui est vraiment une gentille fille, était parfaite pour ça !
Vos parents ont-ils été d’un secours quelconque pendant ces deux décennies difficiles ?
Ils se sont séparés quand j’avais 6 ans, et après ma rupture avec Mick, je suis retournée vivre chez ma mère avec Nicolas. Mais elle ne comprenait rien à ce que je faisais. Elle était née en 1904 et aurait compris si j’étais devenue chanteuse d’opéra. Mais une chanteuse pop ! Mon mode de vie l’horrifiait.
Et votre père ?
Il adorait ma voix des premières années et le son un peu folk. Il était beaucoup plus tolérant. Mais toutes les histoires de drogues colportées par la presse l’ont énormément blessé.
Et lorsque vous êtes devenue sobre ?
Eh bien ce fut difficile pour ma mère qui, elle, buvait énormément. Elle regrettait – mais c’est classique – que je ne puisse plus boire avec elle. Du genre : tu étais tellement plus drôle quand tu buvais ! Mon père, lui, qui n’avait jamais beaucoup bu, s’est carrément arrêté lorsque je l’ai fait. C’était un type super.
Vous ont-ils vue sur scène ?
Ma mère est finalement venue, oui. Et elle était fière. Elle a peut-être fini par comprendre. Mais ce qui est merveilleux, c’est cette lettre que j’ai reçue de mon père, le major Faithfull, après qu’il a reçu mon premier livre. Regardez, je l’ai encadrée !
« Ma très chère Marianne… Je te remercie pour l’exemplaire de ton livre que j’ai reçu aujourd’hui. C’est une lecture très intéressante pour quiconque, mais tout spécialement pour moi. »
Mon dieu, je vais me mettre à pleurer. Lisez là pour vous-même.
Il évoque ce « mariage de temps de guerre entre deux personnes difficiles qui t’a produit » et il conclut : « Je me sens fier, non seulement de ta carrière pleine de succès mais de ta réussite à grandir en une personne si formidable et si mature. »
C’est un rêve de recevoir une lettre comme ça de la part de son père. Elle est en permanence devant moi sur ma table d’écriture.
Comment réagissiez-vous au fait qu’on vous ait longtemps présenté comme une muse des Stones, plutôt que comme une musicienne à part entière ?
J’essayais de ne pas m’énerver quand je lisais de telles conneries. Muse est le pire job du monde ! Je savais bien, moi, que je faisais bien plus qu’inspirer. Mais je n’ai jamais rien dit. Me rebeller contre ce sexisme n’aurait servi à rien. Les femmes ont toujours plus de mal à être prises au sérieux. Tout est plus dur pour elles. Les livres de Germaine Greer me l’ont confirmé. Peut-être m’aurait-on regardé différemment si j’avais joué d’un instrument ? Mais je travaillais dur sur mes chansons, et il a fallu des années pour qu’on me reconnaisse en tant qu’artiste majeure.
Vous vous êtes donc remise à écrire après 1985 ?
Je n’ai jamais arrêté. On peut être créatif en étant défoncé ! C’est même plus difficile quand vous ne l’êtes pas. Disons qu’il faut travailler davantage. Mais le fait est que mes plus belles chansons ont été écrites après être devenue sobre. Et je continue. J’écris tout le temps. Des pages et des pages. Il y a comme une petite étincelle qui me jette sur le papier. Et quand je me rends compte que les chansons se ressemblent un peu trop, je fais une pause. J’attends. Jusqu’à ce que de nouvelles idées surgissent.
Qu’est-ce qui vous a inspirée récemment ?
Les événements de novembre 2015 à Paris, et le massacre de tous ces jeunes, m’ont inspiré une chanson. Elle s’appelle « They come at night ». Je la chanterai pour la première fois le 25 novembre au Bataclan, et l’enregistrerai en 2017.
Vous étiez donc à Paris, cette terrible nuit du 13 novembre ?
Oui. J’étais chez moi, dans la banalité de mon quotidien. Je m’étais fait àmanger, m’étais couchée et j’avais lu. Je n’ai appris la nouvelle que le lendemain et, totalement choquée, j’ai écrit la chanson. Que pouvais-je faire d’autre ? Il va en falloir, du temps, pour que le traumatisme des attentats se dissipe. Certains prétendent que les nazis reviennent tous les 70 ans. J’en suis aussi convaincue. Notre époque voit ressurgir des démons terrifiants. Qu’ils s’agissent des islamistes ou des radicaux et extrémistes de toutes sortes qui pervertissent les valeurs et idéaux de pays comme les Etats-Unis ou Israël.
Et la France ?
Je suis socialiste.
Rares sont les Anglais qui se définissent comme tels.
Mais je ne suis pas Anglaise ! Ma mère était austro-hongroise et mon père gallois. Je n’ai donc pas de sang anglais, même si j’ai été élevée en Angleterre. Et je ne pourrais jamais retourner y vivre. Trop de mauvais souvenirs. J’y ai pourtant mon fils, sa femme et mes petits-enfants que j’aime, mais je préfère qu’ils viennent me voir à Paris. Et ils adorent. J’ai aussi un pied à terre enIrlande. En fait, je me sens fondamentalement européenne et citoyenne du monde, même si ma santé m’impose désormais un mode de vie très sédentaire.
Quels liens entretenez-vous avec le judaïsme ?
Je ne suis qu’un quart juive, si l’on considère mes différents ascendants. Mais la mère de ma mère étant juive, je suis juive selon la tradition du judaïsme. Je ne me sens pas comme telle, tout en étant fière de cette part enfouie en moi. Je pense qu’elle est pour quelque chose dans mon talent. C’est ainsi : la majorité des personnes les plus brillantes sont juives, comme le compositeur Kurt Weill, que je vénère.
Que considérez-vous comme votre plus belle réussite ?
A part mon fils ? Devenir sobre ! Ça, c’est un sacré exploit ! La plus grande bataille de ma vie. Et il m’a aussi fallu apprendre à me libérer du regard des autres. Qu’ils aillent se faire voir !
Vous êtes désormais une icône du rock.
Beurk ! Je suis une artiste qui travaille. Rien d’autre ! J’ai presque 70 ans et je suis handicapée. Je me suis cassé le dos, puis une hanche, puis une autre, puis un pied. J’ai développé une infection des os qui m’a mise à l’agonie. Je suis très abîmée. Mais je me soigne. Et je travaille ! J’ai beaucoup de chance d’être en vie. Et je continue à adorer monter sur scène.
Protégez-vous votre voix ?
J’ai toujours peur de la perdre. Il faudrait que j’arrête de fumer ! Quant à mon caractère, je tâche de l’améliorer. J’ai travaillé sur la notion de pardon, par exemple, avec laquelle j’ai toujours eu beaucoup de mal. Je médite et je continue de participer à un groupe de parole avec des personnes alcooliques ou dépendantes. Cela m’aide beaucoup.
Un regret ?
Ne pas avoir été gentille avec ma mère.
Une crainte ?
Affronter le deuil. J’arrive à un âge où beaucoup d’êtres aimés vont mourir.
Qu’est-ce qui peut alors réconforter ?
Certainement pas l’espoir d’une autre vie. Une seule, c’est bien suffisant ! Je ne suis pas du tout religieuse. Pour moi, les religions ont été le plus grand tourment sur cette terre. Mais je crois en Dieu. Il m’aurait été impossible, si je n’avais cru à une force plus grande que moi-même, de me sevrer et de me libérer des drogues. Il fallait connaître l’humilité.

Le 1 octobre 2016, 23 heures 11,

Le 30 septembre 2016, 14 heures 34,

 

Le 21 décembre, 10 heures 52,

Le 9 décembre, 23 heures 04,

Le 9 décembre, 22 heures 27,

Le 5 décembre, 20 heures 59,

Le 27 septembre, 20 heures 54,

Le 20 septembre, 14 heures 56,

Le 14 juillet, 12 heures 43,

Le romancier Philippe Djian anime des ateliers d’écriture organisés par son éditeur Gallimard, à Paris comme à Genève. Il s’explique sur une démarche habituelle aux Etats-Unis mais encore rare en francophonie. 

En tant qu’écrivain reconnu, que vous apporte l’animation d’ateliers d’écriture ?

De l’argent d’abord. Et je peux éventuellement faire profiter les autres de trente ans d’expérience. Si vous allez voir un éditeur, il vous dira: ouh non! Dans les ateliers il n’y a pas d’enjeu commercial, dix personnes vous diront que c’est génial ou au contraire que c’est incompréhensible, et ça va vous aider. Je ne vois pas où vous pouvez trouver ça ailleurs Je n’ai pas  de baguette magique et j’ai toujours pensé qu’un écrivain se définissait par son style personnel, mais l’idée qu’on ne puisse rien transmettre est assez stupide.

Certains estiment que des ateliers d’écriture à 1500 euros c’est trop élitiste…

Ils peuvent toujours faire du macramé ou aller aux sports d’hiver. Ce n’est pas plus cher qu’une semaine de vacances et c’est peut-être plus enrichissant que de glisser sur une luge.

Que peut-on apprendre concrètement dans un atelier d’écriture ?

Si par exemple aujourd’hui on ne sait pas manier un dialogue, ce n’est même pas la peine de commencer. Il ne faut pas croire que les dialogues ne servent qu’à faire avancer l’histoire. Il peut y avoir une page de dialogue où tout se passe dans le non-dit, l’hésitation, le mensonge. C’est comme cela que tout se met en place. C’est ce qui fait que le roman aura l’air d’être du XXIe siècle plutôt que du XIXe.

Il faut être dans l’air du temps alors ?

Non. Mais moi je suis incapable de me mettre dans la tête d’un poilu des tranchées de 14. De la même façon il ne sert à rien de parler du monde d’aujourd’hui comme en parlerait mon grand-père. Vous pouvez toujours essayer de copier Proust, vous n’arriverez jamais à faire du Proust. Travaillons plutôt avec la même urgence, les mêmes défis, les mêmes risques de se casser la gueule que lui avait pris à l’époque.

Est-ce que vous embêtez les participants avec vos marottes à vous, comme la ponctuation libre ?

J’essaie de leur dire que la littérature se joue dans les détails. Si vous n’employez pas le bon mot au bon moment, vous foutez tout par terre. Il faut écrire chaque phrase comme si c’était la dernière, comme si une rupture d’anévrisme allait suivre, en pensant que quelqu’un pourrait regarder et se dise: ah ben pas terrible. Il y a des gens qui croient qu’être écrivain c’est raconter une histoire. Ce n’est pas ça du tout. Les histoires, elles ont plus ou moins toutes été écrites. Etre écrivain, cela doit remplir une vie. Moi je sais qu’une histoire ce n’est pas assez. L’écriture c’est d’abord la recherche du plaisir.

Nombre de grands écrivains ont pourtant raconté combien l’écriture était pour eux un fardeau…

La difficulté n’empêche pas le bonheur. Je me souviens au début, ma femme peignait, on travaillait dans la même pièce, moi j’étais derrière ma machine, il fallait que je ne sois dérangé par rien, et elle, je la voyais qui écoutait de la musique, mettait sa toile par terre, tournait autour, puis elle préparait ses couleurs et je me disais alors: mais quel métier emmerdant qu’écrire.

C’est à partir du roman «37°2 le matin» que ça a marché pour vous…

Oui surtout depuis le film. Mais ça ne se passait pas si mal avant déjà. J’étais soutenu par les gens de gauche qui se disaient, enfin un écrivain qui n’est pas de droite, ce n’est pas Jean d’Ormesson. Cette même gauche qui m’a tapé dessus quand je suis passé chez Gallimard, a dit que j’étais fini, que je ne faisais plus rien. Du coup Le Figaro a commencé à me trouver toutes les qualités. C’est de la rigolade. Oui, c’est un monde de rigolos, ce milieu.

La légende veut qu’aucun éditeur n’ait osé corriger vos textes… 

Les partis pris que je peux avoir dans la rédaction c’est parce que j’y ai réfléchi. Pourquoi par exemple laisser un espace blanc avant chaque paragraphe? Pour le confort du lecteur? Wagner pour ses opéras avait fait installer des bancs très durs, une manière de signifier: vous n’êtes pas là pour être bien assis, vous êtes là pour écouter de la musique. Enfin j’ai toujours pensé que si les éditeurs savaient mieux que moi comment faire des livres, ils n’avaient qu’à les écrire.

Pourquoi vous voit-on peu intervenir dans le débat public, au contraire d’autres intellectuels parisiens ?

J’adore quelqu’un comme Thomas Pynchon qui a la force de ne pas se montrer. A côté je suis une vraie salope. Mais je ne commente pas l’actualité. Je n’ai pas l’impression que mon avis puisse être plus intéressant qu’un autre. Quand j’ai décidé d’écrire, je me suis installé dans une bergerie, je n’avais pas de loyer, pas d’impôt à payer, pas de facture de téléphone. Si vous ne vous donnez pas la liberté de faire ce dont vous avez envie, il ne faut pas venir vous plaindre ensuite.

Laurent Nicolet, Migros Magazine, 28/06/15.

 

Le 11 juillet, 11 heures,
Les nouvelles de la production d’Au nom du père, le spectacle ne sont pas très bonnes. Il va falloir faire des choix artistiques, je me retrouve de plus en plus seul… Walass m’accompagnera jusqu’au bout lui… du moins, je le souhaite.

Le 31 mai, 20 heures 20,
Nous parlons. Beaucoup, nous parlons. De façon désordonnée. C’est à cause de moi ça. Je lui donne les images prises. Et puis quelques jours plus tard…

Le 1 mai, 19 heures 30,
Ed Atkins, « Death Mask 3″

Le 11 avril, 22 heures 45,
A chaque fois que Walass me livre un épisode, il y a toujours un peu d’appréhension de ma part… non pas par manque de confiance, non… mais parce que chacun de ses films m’emmène un peu plus loin. C’est l’épisode 4, il a pour titre l’Intimité (suite).

Le 1 avril, 21 h. 54,

Le 21 mars, 19 heures 54,

Le 15 mars, 18 h. 28,

Le 1 mars, 22 h. 05,

Le 25 février, 9 h. 42,

 

Le 24 février, à 00 h. 04,

 

Le 15 février 2015, à 18 h. 42,
Pour AU NOM DU PERE, l’une des premières personnes à qui j’ai demandé de m’accompagner est Walass (le 6 février, j’avais posté un de ces clips). C’est lui qui est l’auteur de la musique et des images d’AU NOM DU PERE, LA DANSE. Il a pour prénom Théo, je le connais depuis qu’il est enfant. J’ai travaillé avec son père. Théo a fait partie de mes ateliers théâtre. Il est si jeune, la moitié de mon âge et il n’a pas été l’une des premières personnes mais LA première personne à qui j’ai demandé de m’accompagner. Enfant, il semblait déjà si déterminé.

 

Le 15 février 2015, à 17 h. 45,
Ce film d’Ira Sachs, un dispositif extrêmement simple et un résultat intense. Son dernier long-métrage avait été un échec et LAST ADDRESS lui a permis de se relever, de reprendre confiance pour continuer : « LA ne m’a rien coûté, dit Sachs, et c’est pourtant un film que j’adore.[...] Je suis reparti de l’éthique Do It Yourself des années 70, 80 : ne pas attendre pour faire ce dont on a envie. » Je n’avais encore rien vu de lui, jamais entendu parler de lui jusqu’à cet article dans le Monde, je me suis précipité sur You Tube. Regarder ce film m’a ému aux larmes. C’était le 11 novembre 2014. Depuis, je le regarde souvent. « Ne pas attendre pour faire ce dont on a envie. » Ces mots, ces images permettent AU NOM DU PERE à un point…

 

Le 7 février 2015,

 

Le 6 février 2015,

 

Le 30 janvier 2015,